Entrepreneuriat Marketing

En 2017, appliquez la catchphrase “Fake it until you make it” et lancez-vous!

2 January 2017
Le blog du Blédard - Fake it until you make it

Nombreux sont les jeunes entrepreneurs qui pensent à tort qu’il faut forcément avoir la meilleure version de son produit ou la totalité du financement pour se lancer. Et on a tendance à garder secrète notre idée jusqu’à ce qu’elle se concrétise, de peur de voir un esprit malveillant la piquer. Alors oui, il y a bien des individus opportunistes qui sont à l’affût de la bonne idée (des autres) pour se lancer. Mais, gardez bien en tête que le porteur de projet est tout aussi important que le projet en lui-même, et qu’on ne pourra jamais vous voler votre vision.

S’il y a donc un conseil que je puis donner, c’est celui de parler de son projet quand on en l’occasion mais surtout, d’en parler aux bons interlocuteurs. Si vous confiez votre envie de vous lancer à votre mère, ne soyez pas surpris qu’elle vous inonde de pensées négatives car la préoccupation première d’une mère, c’est que son enfant ait la sécurité de l’emploi, qu’il puisse subvenir à ses besoins et payer son loyer. Or, lui dire “je souhaite me lancer” c’est comme dire “je vais entrer dans la précarité”. En revanche, si vous échangez avec des entrepreneurs, porteurs de projets, freelances et potentiels prestataires, vous aurez des retours qui vous permettront de savoir si votre marché existe avant de se lancer.

Votre histoire commence dès lors que votre idée est suffisamment développée dans votre tête alors, commencez à la raconter et posez quelques actes qui vont vous maintenir sur une bonne lancée!

Pour Bledardise par exemple, mon premier réflexe a été d’acheter le nom de domaine. Je sais que pour certains, c’est un véritable business de flairer les bons noms de domaines, de les réserver pour les revendre à des sommes exorbitantes à ceux qui veulent s’en servir. Alors chaque fois que j’ai une idée, si je peux, je réserve le nom de domaine au prix d’un maxi tacos.

Ensuite, je me suis créé un site vitrine où je présentais brièvement l’univers de la marque avec surtout, un petit formulaire pour laisser son adresse mail afin d’être prévenu au lancement de la boutique en ligne (j’ai ainsi pu récolter mes 150 premières adresses). J’ai fait l’acquisition de mock-ups sur lesquels j’ai appliqué mes slogans pour constituer mes premiers visuels. Les mock-ups sont des fichiers photoshop aussi bien de maquettes visuelles de chartes graphiques / d’applications mobiles que de prototypes de produits physiques. Grâce à la découverte des mock-up, je n’ai jamais dépensé un centime pour réaliser des shooting packshot de mes produits: t-shirts, sweatshirts, totebags, mugs, coques de téléphone, affiches, tous les visuels qui figurent jusqu’à présent sur la page Facebook de Bledardise ont été réalisés grâce à des mock-up sur photoshop. D’oû le Fake it Until You Make it car ça m’a permis de tester des produits dont je n’avais encore aucune idée pour la production, et de les proposer en précommande pour obtenir le financement. Généralement les mock-ups sont des fichiers photoshop sur lequel tu remplaces juste les visuels d’exemples par les tiens. Évidemment, il y a un risque de se retrouver à plusieurs à utiliser les mêmes mock-up sur nos sites mais ça permet de se lancer avec des visuels professionnels même si on n’a pas de budget photo.

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Une fois le site et les visuels réalisés, j’ai créé mes cartes de visites (en prenant soin de créer une adresse pro contact[at]bledardise.com) et j’en ai commandé une centaine sur Printoclock. C’est fou de constater à quel point le ton change en fonction de si vous donnez une carte de visite, avec un site ou si vous vous contentez de dire “pour l’instant j’ai juste une page Facebook”. Vos interlocuteurs, que ce soit des fournisseurs, organisme, prestataires ou autres vous prennent tout de suite un peu plus au sérieux, acceptent de vous faire parvenir leur grille tarifaire, vous invite à venir visiter leurs locaux, etc. Par la suite, après le lancement de la boutique en ligne, j’ai fait domicilier l’entreprise auprès d’une structure de Coworking, La Cordée. Ca m’a permis de dissocier mon adresse personnelle / professionnelle et surtout, d’avoir un siège social.

Pour ma seconde Alloco Party, j’ai joué au poker: j’ai choisi une date, j’ai créé l’événement sur Facebook en stipulant que le lieu serait tenu secret jusqu’à la dernière minute. En fait, à ce moment, je n’avais AUCUN lieu en tête. Je m’étais dit que je créerais le buzz autour de l’événement et que j’irais ensuite démarcher les gérants de bars en leur disant: “j’ai 200 personnes (et donc clients) à vous ramener si vous mettez votre lieu à disposition pour ma soirée“. Bien évidemment, les choses ne se sont pas vraiment déroulées comme je les avais imaginées: les bars établissent leurs programmations longtemps à l’avance et d’autres n’étaient tout simplement par intéressés par ma cible. Heureusement, quelques jours avant la date fatidique, j’ai franchi les portes de l’Obamo Café où j’ai depuis renouvelé l’opération

Voilà à peu près comment j’ai débuté en “faisant semblant pour que le reste suivre” (comme je traduirais le Fake Until you make it). Bien sûr, je n’aurais pas pu faire tout cela si je n’avais pas quelques connaissances sur photoshop, wordpress, illustrator. Mais rassurez-vous, aujourd’hui, plus besoin de savoir coder pour ébaucher votre lancement. Voici quelques tuyaux et outils qui pourront vous aider:

La landing page

Landing page: le blog du blédard

Une landing page, LP ou page atterrissage est une page web dont le but est d’expliquer très rapidement ce que vous proposez et de convertir le maximum d’internautes à de potentiels utilisateurs / consommateurs / contacts. Elle est conçue pour convertir grâce à un ciblage particulièrement précis des visiteurs et de la mise en avant de l’offre. Beaucoup plus dynamique que la “coming soon” page, la landing page est un excellent moyen pour faire du “teasing”. Elle se compose généralement d’un titre percutant, d’une mini présentation (éventuellement de quelques visuels) et d’un bouton call-to-action (acheter, renseigner son adresse mail, etc.)

Il existe de nombreux outils pour créer facilement et gratuitement une landing page: strikinglyKickofflabs, wix, squarespace ou encore Unbounce. Certains outils évoqués dans cet article vous permettront ensuite d’optimiser au maximum votre landing page.

Le Blogging

Bloguer sur les coulisses de son projet (même lorsqu’il n’est qu’au stade de l’idée) est une excellente façon d’impliquer les lecteurs qui deviendront certainement vos premiers clients. Vous ouvrez une boutique? Faites-nous part de la signature du bail, de l’avancement des travaux, de la date d’inauguration. Vous lancez un e-commerce, partagez vos interrogations, vos études de marché, vos séances de brainstorming pour la charte graphique, l’identité visuelle, vous aurez les premiers retours. Non seulement, vous racontez déjà une histoire (le fameux storytelling) mais en plus, ça permet également de faire du Content marketing et donc de commencer un travail de référencement. En plus, vous pouvez avoir de très bonnes surprises (potentiels partenaires, voire associés).

Des plateformes de blogging, il y en a pléthore: wordpress, tumblr, blogger, medium mais linkedin et viadeo constituent également d’excellent outils pour s’exprimer lorsqu’on souhaite prouver son expertise où que l’on fait dans le B2B. Vous avez l’embarras du choix. Le plus difficile sera de savoir si vous bloguez dans un premier temps en votre nom propre ou si vous réservez votre nom de domaine et bloguez sous un nom de domaine du type blog.nomdemamarque.fr / mamarque.fr/blog.

Les projets fictifs

Les projets fictifs servent surtout pour les prestations de services, et en particuliers pour les graphistes /designers /webmasters. L’idée est de créer soi-même un site, une identité visuelle pour une entreprise qui n’existe pas afin de d’illustrer ses compétences. C’est également utile pour ceux qui souhaitent se lancer dans la coiffure, le conseil en image et qui peuvent commencer par des “cobayes” pour présenter leurs prestations. En revanche il y a un inconvénient: les projets fictifs par principe ne permettent pas à vos prospects d’évaluer l’étude du besoin, la gestion du projet ou encore la relation avec le client.

Dans tous les cas, pensez à les diffuser sur des plateforme comme behance (pour les designers).

Les précommandes

Les précommandes sont un excellent moyen de tester son produit tout en obtenant le financement avant plutôt que de prendre le risque de produire du stock et de se retrouver avec sous les bras. Mais c’est aussi l’un des outils les plus difficiles car il nécessite une très bonne stratégie de communication en amont. Il faut être capable de susciter l’attente, voire de la frustration, jouer sur l’édition limitée ou l’offre promotionnelle pendant un court délai. Je m’en suis servi pour Bledardise pour ma première campagne de crowdfunding (en jouant sur les petits prix pendant la campagne) et lors du lancement de la collection capsule In Africa We trust (en jouant sur la quantité limitée).

Les réseaux sociaux

C’est évidence, vouloir se lancer et être absent des réseaux sociaux, c’est se tirer une balle dans le pieds et même courir à sa perte. Comme l’illustre si bien Côme Courteault dans ce billet:

  • Afrostream a commencé par une page Facebook en partageant des teasers de films qui annoncent la sortie de la plateforme. Une fois la communauté engagée sur Facebook, une landing page a été lancée trois mois avant l’ouverture du site pour commencer à vendre et financer le développement de la plateforme.

  • Menu Next Door n’a pas commencé avec un site internet (ni même avec une société) mais a fonctionné pendant deux mois avec un groupe Facebook pour mettre en relation les chefs et les clients.

Mais attention toutefois: comme je l’évoquerais dans un autre billet, rien ne sert de lancer sur tous les réseaux sociaux à la fois (personnellement, je préconise toujours de débarquer sur twitter en dernier mais de faire une veille pour anticiper une communication de crise ou pour profiter d’un buzz).

Bref, vous l’aurez compris, en entrepreneuriat comme sur le marché de l’emploi on vous demandera souvent de “montrer patte blanche” et vous serez emmené à “Fake It Until you make it”. C’est là que ça devient amusant. 😀

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