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To wax or not to wax?

13 April 2017

Crédit photo: Léonatherapy pour Bledardise

Depuis que j’ai créé BLEDARDISE, chaque fois, je me tape le même scénario. Je rencontre une personne qui me demande ce que je fais et je lui réponds:

“J’ai lancé une marque qui s’appelle Bledardise, elle joue sur les cultures d’Afrique et d’ailleurs; et en parallèle, je …”

Là, la personne m’interrompt, me demande le site internet de ma marque puis se précipite sur son smartphone. Et là, c’est la décomposition. Je crois toujours lire de la déception sur le visage des gens lorsqu’ils arrivent sur mon site et qu’ils ne voient aucun t-shirt avec des manches, écussons ou cols en wax. Pour quelqu’un qui dit parler des cultures africaines, c’est quand même bizarre, se disent-ils sans doute.

Bon, je spoile tout de suite: le wax, Bledardise y viendra tôt ou tard (bientôt même). Mais, si je ne me suis pas lancé d’emblée en faisant dans le wax, c’est pour différentes raisons.

D’abord parce je suis perfectionniste. Si je souhaite sortir des produits sans finitions approximatives, commercialisables dans la distribution classique – dans les tailles standards – tout de suite et sans cette image trop “artisanale” qu’ont encore beaucoup de produits confectionnés avec du wax à l’heure je vous écris, il me faut sourcer styliste(s), modélistes et atelier(s) de confection. Cela nécessite des moyens, du réseau et du temps dont je ne dispose pas pour l’instant. Ma priorité avec Bledardise dans un premier temps a toujours été d’affirmer la personnalité de la marque avant de me diversifier. Aujourd’hui, j’ai réussi à fédérer une communauté “d’aficionados” dont beaucoup sont clients  et dont une bonne partie adhère surtout au concept,  ne se voit pas porter un t-shirt à l’effigie du poulet mais  préfère  quand même nettement porter un produit en wax de chez Bledardise  plutôt que de chez une  autre marque dont elle ne connait ni  les valeurs, ni la philosophie, ni  l’univers. En effet, avec l’effervescence autour du wax, toutes les vingts minutes, un créateur de mode se découvre et chaque jour, une marque naît avec souvent pour seul métier de faire des produits avec du wax. Pour moi ça conduit à une overdose de wax et surtout, cela ne fait que contribuer à la seconde raison pour laquelle je n’ai pas fait dans le wax tout de suite.

La principale raison pour laquelle j’ai opté pour  ce parti pris de ne pas me précipiter sur le phénomène du wax réside dans le fait que je voulais absolument  esquiver cette espèce “d’exotisme” dans lequel on cloisonne les créateurs africains / d’origine africaine ou comme c’est dans mon cas, les entrepreneurs issus du continent noir. A l’heure où, malgré l’engouement autour, “l’africanité du wax” est virulemment remise en question, le raccourci “mode africaine = imprimé africains = wax “est toujours systématiquement établi. D’ailleurs pour trancher sur “l’africanité du wax”, dire que le wax est africain se rapproche certes de ce qu’on appelle “l’appropriation  culturelle”   mais pourtant, nier cette grande part “d’africanité” que possède ce textile – à qui les africains ont insufflé leurs identités culturelles et à  qui il  doit  principalement sa notoriété – c’est un peu comme dire que “l’Homme Africain n’est pas assez entré dans l’histoire”.   Alors ce faux procès à l’égard du rapport qu’entretiennent les africains avec ce textile me paraît très abusif, voire injuste. C’est un peu comme si j’allais prendre une femme en mariage, que je l’emmenais dans ma petite concession; que celle-ci m’aidait à refaire les travaux, la décoration, l’acquisition du mobilier et plus généralement contribuait à lui  insuffler une âme mais qu’au moment de notre séparation, je lui disais qu’elle ne méritait rien car elle n’avait rien posé comme brique pour construire cette maison à son origine. Bon, je vous l’accorde, c’est (un peu)  tiré par les cheveux mais l’idée est là. Tout ceci dit, je suis absolument d’avis qu’il faille sensibiliser les consommateurs  africains sur le “à qui profite le plus le pagne hollandais que tu achètes à ce prix exorbitant?” (indice: la réponse est dans la question). C’est aux pays africains de s’accaparer la production du wax (c’est déjà le cas dans certains, mais pas assez). Car malheureusement, les véritables textiles africains, en plus d’avoir une dimension “sacrée” pour certains, ne bénéficient pas encore d’une production suffisamment industrielle pour pouvoir se démocratiser en masse et à prix accessibles. Soit dit en passant, j’ai le regret d’annoncer à certain.e.s que le bazin non plus n’est pas un véritable textile africain et trouve son origine… en Allemagne! Yako!

Pour revenir au fait qu’on associe systématiquement la mode et la créativité africaine au wax, non seulement c’est réducteur, mais en plus, ça cantonne les créateurs à des articles “hors série”,  dédiés à “la tendance aux imprimés”, “focus sur l’Afrique” ou ils se voient affublés de cette dérangeante étiquette qu’est la “mode ethnique“, une espèce de concept flou et fourre-tout dans lequel on flanque tout ce qui évoque “l’ailleurs”, que ce soit les créations ou le créateur.  Pourquoi serais-je plus “ethnique” qu’un.e auvergnate  qui lance une marque de prêt-à-porter? Cette  ethnicisation  me renvoie à cette expression essentialiste qu’est  “homme de couleur” qui suggère que l’Homme serait blanc et que c’est seulement après qu’il a pris de la couleur (comme la télé).

Alors, arrêtons d’ethniciser la mode. La mode est une question de sensibilité, d’histoire, d’émotion, d’identité(s), d’influences, de créativité et pas seulement de matières. Elle suit des tendances et des courants mais n’en reste pas moins subjective. Un kimono réinterprété par un congolais est une création africaine, d’inspiration ou d’influence asiatique certes, mais, ça reste une création congolaise.

Combien de fois ma soeur, styliste et créatrice de la marque INESKA créations s’est vue reprocher de ne pas assez faire de “créations africaines” ou s’est faite approcher par des rédactions pour des articles sur les créateurs africains pour ensuite se faire écarter parce que ses créations n’étaient passez “colorées” (comprenez n’utilisaient pas assez de wax)?

Le wax est un tissu à la croisée de différentes cultures. Différemment du Kente/kita, du Ndop ou du Fasi Dan Fani,  c’est un outil, un moyen, une matière et pas une finalité ou un porte-étendard de la “mode africaine” ou la “créativité africaine” et il devrait être  considéré comme tel.

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En 2017, appliquez la catchphrase “Fake it until you make it” et lancez-vous!

2 January 2017
Le blog du Blédard - Fake it until you make it

Nombreux sont les jeunes entrepreneurs qui pensent à tort qu’il faut forcément avoir la meilleure version de son produit ou la totalité du financement pour se lancer. Et on a tendance à garder secrète notre idée jusqu’à ce qu’elle se concrétise, de peur de voir un esprit malveillant la piquer. Alors oui, il y a bien des individus opportunistes qui sont à l’affût de la bonne idée (des autres) pour se lancer. Mais, gardez bien en tête que le porteur de projet est tout aussi important que le projet en lui-même, et qu’on ne pourra jamais vous voler votre vision.

S’il y a donc un conseil que je puis donner, c’est celui de parler de son projet quand on en l’occasion mais surtout, d’en parler aux bons interlocuteurs. Si vous confiez votre envie de vous lancer à votre mère, ne soyez pas surpris qu’elle vous inonde de pensées négatives car la préoccupation première d’une mère, c’est que son enfant ait la sécurité de l’emploi, qu’il puisse subvenir à ses besoins et payer son loyer. Or, lui dire “je souhaite me lancer” c’est comme dire “je vais entrer dans la précarité”. En revanche, si vous échangez avec des entrepreneurs, porteurs de projets, freelances et potentiels prestataires, vous aurez des retours qui vous permettront de savoir si votre marché existe avant de se lancer. Continue Reading

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Stratégie digitale: 10 outils indispensables qui vont vous faciliter la vie

30 December 2016

Que vous soyez Pure Player ou Brick and Mortar (sert à désigner une entreprise de vente traditionnelle ayant pignon sur rue, c’est-à-dire des points de vente « physiques » dans des immeubles « en dur ». Merci tonton Wiki), il est indispensable de mettre en place une stratégie digitale pour le déploiement et le développement de votre activité. Malheureusement, on n’a pas tous les moyens de se payer un chargé de webmarketing et encore moins un community Manager. En général, il faut donc tout faire soi-même. Et comme vous le découvrirez très vite, ça demande énormément de ressources et on se retrouve à jongler entre plusieurs sites en une seule journée. Petite revue des outils qui me sont le plus utiles au quotidien et qui vous permettront d’ébaucher votre stratégie digitale.

1. Canva

10 outils indispensables qui vont vous faciliter la vie - Canva

Canva est sans doute l’un des outils dont je bénis le fondateur chaque jour depuis sa découverte. Habituellement, je crée mes visuels sur Photoshop et Illustrator. Mais désormais, pour aller plus vite, je me rends sur Canva. C’est un excellent outil pour la création de visuels destinés aux réseaux sociaux. Il permet également des créer des posters, des flyers, des présentations powerpoint, des CV, des en-têtes de lettres, des cartes de visites, et même des menus gastronomiques. Bien évidemment, les fonctionnalités ne sont pas aussi poussées que sur Photoshop mais, quand t’as un proverbe africain que tu souhaites rapidement publier, c’est très pratique. Et le gros plus de Canva, ce sont les templates prédéfinis. Des fois, j’y vais juste pour l’inspiration. Bon, moqueur comme je suis, je suis quand même subjugué de voir certaines personnes utiliser Canva pour sortir des visuels dignes de Paint et de Microsoft 1996.

2. Hootsuite

10 outils indispensables qui vont vous faciliter la vie - hootsuite

Hootsuite est un tableau de bord qui permet de gérer tous ses réseaux sociaux depuis une seule plateforme. C’est un peu comme Tweetdeck mais, pour tous les réseaux sociaux. C’est également un très bon outil de veille. Personnellement, j’utilise surtout Hootsuite pour planifier des publications et analyser l’engagement. Il m’est arrivé de planifier toutes mes publications Twitter (pour Facebook, je me sers de la fonctionnalité de base) et d’aller me coucher après une nuit blanche. Continue Reading

Entrepreneuriat Marketing

Benchmark: 10 marques qui m’inspirent

29 December 2016
Benchmark: 10 marques qui m'inspirent

Comme je vous le confiais récemment, je suis en pleine remise en question sur Bledardise, mon business (je vous en dis plus prochainement). L’un des réflexes que j’adopte systématiquement dans ce cas là, c’est le benchmark, cette technique Marketing qui consiste à veiller, observer et analyser son marché et la concurrence pour s’adapter.

Je suis un féru de benchmark. En fait, je pars du principe qu’en dehors de secteurs pointus tels que la technologie et la science, il n’y a plus rien à inventer. Il est plus judicieux de prendre des modèles et des stratégies qui existent déjà (et qui ont fait leurs preuves) et de les adapter à une niche. Pour faire du benchmark, je procède aussi bien à des recherches internes qu’externes. Mes outils favoris: Feedly pour le flux RSS, Pinterest pour les moodboards, Facebook pour l’audience, Twitter pour la veille, et bien d’autres comme les plateformes de curation de contenu. Continue Reading

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« File-moi un t-shirt et je te ferais de la pub »

28 December 2016
La visibilité ne paye pas es factures

L’un des principaux avantages lorsqu’on est un “pure player” (cad lorsqu’on ne vend qu’en ligne), c’est qu’on peut aisément donner l’impression que l’on est une véritable société – comme les autres – même si on ne possède pas de bureaux / magasins. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai été approché avec des “bonjour l’équipe Bledardise” pour des candidatures, interviews, réclamations alors que j’étais seul, en caleçon, sous ma couette.

Car il ne faut pas se leurrer, je suis seul à endosser tous les postes: webmaster / designer / chargé de marketing / community manager / commercial (je suis nul) / comptable (là aussi je suis nul) / attaché de presse / chargé d’événementiel et j’en passe. J’ai eu quelquefois recours à des stagiaires mais souvent, je gère tout moi-même. Et si je dis “nous” ou “on” au lieu de “je” quand je publie sur la page Facebook de Bledardise, ce n’est pas pour me donner un genre mais parce que “ça fait plus pro” et que je suis avant tout une marque et pas un créateur. Continue Reading