Entrepreneuriat

Les “joies” des fêtes de fin d’année d’un jeune entrepreneur

14 December 2016

Il y a belle lurette que la “magie de noël” et plus généralement des fêtes de fin d’année m’a largué au bord de la route. On est bien loin de mon Cameroun natal où je jubilais à l’idée de taper un bon poisson braisé et un porc rôti (accompagnés de plantains frits) en compagnie de mes cousins et de mes cousines, me moquant au passage du tonton radin au gros ventre. Ou encore des visites très intéressées chez les tontons et tantines pour leur souhaiter “mbembe mbu” (bonne année). Même le sacro-saint poulet de fin d’année a perdu de sa saveur pour vous dire…

Bon, il faut dire que déjà, en grandissant, je me suis rendu compte je n’étais pas très, voire pas du tout “famille” (tant qu’ils vont bien, ça me va). Les repas de famille sont juste (devenus) des formalités à remplir. Mais depuis que j’ai fait le choix de l’entrepreneuriat, qui dit fin d’année dit surtout bilan et (grosse) remise en question. Tandis que pour la majorité des gens, la fin d’année c’est souvent synonyme de guirlandes, vacances et donc rupture avec leur train-train quotidien, de moments chaleureux, de retrouvailles en famille, de préparatifs du méga-plan pour le nouvel an qui se révèle (presque) toujours foireux, pour beaucoup de jeunes entrepreneurs, la réalité est toute autre.

Alors oui, pour peu que tu commercialises des produits, c’est la fête au village car tu réalises ton plus gros chiffre d’affaires (le mien est par exemple multiplié par 3). Mais c’est également la période où tombent taxe d’habitation, CFE (Cotisation Foncière des Entreprises) et consort. Mais comme ça fait partie des devoirs de tout citoyen, ce n’est presque rien devant le terrible et redoutable “repas de noël en famille”. Celui où tu retrouves le cousin carriériste qui fait la fierté de la famille et fait en sorte que ta mère te lance un regard pimenté chaque fois qu’il intervient à table ou encore le cousin qui travaille depuis ses 16 ans et s’apprête à se marier. Mais surtout, la vieille tante “kpakpakto” (commère), celle-là même qui se prend à la fois pour CNN, l’encyclopédie et la Bible.  Celle qui, au moment où s’installe un grand vide à table, tourne son regard vers toi et te demande “Et toi alors Willy, tu en es où?”, sous-entendu “as-tu enfin décidé de faire quelque chose de ta vie” (et mis fin à tes délires fantaisistes)? Et là, “c’est la mer(de) noire”!

Ta mère s’échappe en cuisine, prétextant que le poulet se brûle, l’une de tes soeurs  propose de venir l’aide, une autre veut débarrasser alors qu’on n’a pas encore commencé à manger et ton frère commence à tousser comme s’il avait la tuberculose en tripotant son téléphone. Toute l’assemblée te regarde désormais et attend ta réplique. Tu es pris de palpitations, malgré la température hivernale tu trouves soudain le moyen de transpirer.

“Ekié tantine, toi quoi là-dedans (de quoi j’me mêle)? Toi-même tu as déjà accompli quoi ici sur terre et puis on a vu? Tu sais seulement taper la bouche alors que tout ce que tu as comme diplôme c’est une maîtrise en Kongossa (commérage) Option je débarque toujours au moment où vous mangez. Moi au moins j’ose, je prends des risques. Je suis mon propre patron et je suis maître de mes espoirs et de mes aspirations!”  

*Drop the mic*

Les “joies” des fêtes de fin d’année d’un jeune entrepreneur

Ça, c’est ce que ton “moi intérieur” souhaiterait dire… Mais, pour ne pas chauffer l’audience et surtout le coeur des grands-parents, ton moi se contentera de dire:

“Hum tantine, j’ai décroché un entretien dans une super boîte en janvier là! Ça s’annonce prometteur! Faut seulement prier pour moi. Ameeeen!” *yeux fermés mains en l’air*

Tu t’en sors ainsi à peu près bien jusqu’au moment où survient la distribution des cadeaux et que t’es fauché. C’est là que le film se gâte vraiment…

(Tchip. Je préférerais tellement rester sous ma couette pendant les jours creux (du 25 décembre à début janvier) à siroter un bon chocolat chaud et faire de la veille pour mon projet, le réajuster, le perfectionner, trouver l’inspiration et anticiper la nouvelle année car je ne sais pas à quelle sauce je vais être dévoré! Mais bon.)

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